À Propos du Chili
Une histoire mouvementée: La naissance du Pays

On parle beaucoup aujourd’hui de migrants… Mais depuis son apparition sur la Terre, l’homme n’a-t-il pas toujours été migrant ?
Selon certaines théories, en Amérique du Sud, il y aurait peut-être eu déjà des habitants voici 40.000 ans, mais ce n’est pas prouvé ; ce dont on est sûr, c’est qu’après avoir traversé le Détroit de Béring il y a environ 14.000 ans, certains sont descendus peu à peu jusque sur le territoire actuel du Chili il y a 12, 11, 10.000 ans ; dans ces temps, pas d’avion, de bateau, de train, ni même de cheval domestiqué !
Ainsi, dans le nord, s’installent les Atacamas, les Aymaras, agriculteurs-éleveurs, les Diaguitas, qui sont en plus des artistes en céramiques, les changos, pêcheurs nomades sur la côte.
Dans la Vallée Centrale, ce sont les Mapuches, « Gens de la Terre ».
Le temps passe…nous voici il y a environ 6.000 ans…
Plus au sud, les Huilliches , population forestière et agricole, habitent aussi l’archipel de Chiloe, avec les Chonos, nomades des mers qui descendaient de leur bateau (le dalca qui a prêté son nom au village Dalcahue)au gré des ressources de nourriture.
Dans cette région vivent aussi les Aonikenk ou Tehuelches : nomades éleveurs de très grande taille que les premiers explorateurs ont appelé « Patagons ».
Encore plus loin, les Alacalufes sont des chasseurs-pêcheurs-cueilleurs, près du détroit de Magellan.
Sur les îles de la Terre de Feu, les Selknams, les Yagans ou Yamanas, dans leurs canoës d’écorce de lenga, chassent les oiseaux et les animaux marins dont ils utilisent la fourrure.
Tous ne vivent pas toujours en parfaite relation de voisinage… et déjà au XVe siècle, les Incas venus du Pérou occupent la région d’Atacama et jusqu’à la région centrale, mais la résistance des Mapuche les oblige à repartir moins de 100 ans plus tard. Puis tout va changer après l’arrivée des explorateurs de « ancien monde ».
Au XVIe siècle, le 1er Novembre 1520, le navigateur Portugais Magellan, à l’initiative du roi d’Espagne Carlos I, est le premier Européen à y arriver.Les tempêtes dans le détroit qui a pris plus tard son nom étaient si violentes, qu’il a baptisé Pacifique l’océan où il est parvenu à la sortie.
Attiré par la légende de l’El Dorado, en 1535, Diego de Almagro commence la conquête du territoire, mais dans le sud, les Mapuche résistent à nouveau et les conquistadors abandonnent les lieux ; jusqu’au XVIIIe siècle, ils restent seulement sur l’île de Chiloe.
En 1540, Pedro de Valdivia parcourt aussi le Chili, où il fonde Santiago (1541), Valparaiso (1544), Concepcion (1550) et Valdivia (1552).
Ces étrangers ne sont pas les bienvenus, il faut dire qu’ils kidnappent des gens à des fins d’esclavage. Et cela aboutit à la bataille de Curalaba en 1598 : les villes au sud du fleuve Biobio sont détruites.
En 1683, l’abolition de l’esclavage n’empêche pas la poursuite d’affrontements et une résistance acharnée des Mapuche… une des plus longues « guerres » de l’histoire de l’humanité. Jusque vers le milieu du XIXe siècle, le fleuve Biobio marque une séparation entre le gouvernement colonial et les ethnies amérindiennes.
Peu à peu, le Chili va réclamer son indépendance par rapport à l’Espagne, profitant en 1809 de l’arrestation du roi Fernando VII par Napoléon ; elle est proclamée le 18 septembre 1810 ; mais en 1814, à Rancagua, c’est la reconquête. Bernardo O’ Higgins s’allie avec l’Argentin Jose San Martin, les indépendantistes organisent la bataille de Chacabuco en 1817 ;et elle n’arrive réellement qu’en 1818 avec la victoire de Maipu.
De 1823 à 1831, une période d’anarchie succède à l’autorité de Bernardo O’Higgins.
De 1831 à 1871, les conservateurs reviennent au pouvoir et promulguent une constitution (1833).
De 1871 à 1891, une coalition de libéraux et de radicaux dirige le pays et engage la guerre du Pacifique.
Au milieu du XIXe siècle, d’énormes gisements de salpêtre sont découverts dans le Désert d’Atacama alors territoire plutôt bolivien et péruvien. C’est à la fois intéressant comme engrais pour les agriculteurs et comme composant de la poudre à canon pour les militaires.
Une guerre est déclarée, en 1879, le Chili occupe Antofagasta. Deux ans plus tard, les troupes arrivent aux portes de Lima, annexent les provinces de Taracapa, Arica, Tacna.
La Bolivie n’a plus accès à la mer !
La victoire chilienne profite d’abord aux Anglais qui achètent à bas prix les gisements de salpêtre.
Mais pour le Chili, le cuivre va être une ressource économique importante avec la plus grande mine du monde à Chuquicamata.
Qui pendant ce temps, est cet aventurier français qui débarque en 1858 ?
Orélie Antoine de Tounens profite de l’hostilité des Mapuche et se fait proclamer Roi d’Araucanie et de Patagonie sous le nom d’Orélie Antoine.
Il réunit une armée de 40.000 hommes et déclare la guerre au Chili.
Fait prisonnier au bout de quelques années, il est condamné et exilé sur un navire de guerre français. Mais aujourd’hui encore, certains de ses descendants aspirent au trône et se font appeler « Princes du Royaume de Patagonie et d’Araucanie.
Une histoire tourmentée aussi par la nature : le territoire se trouve à la rencontre des plaques tectoniques « de Nazca » et « sud-américaine ». Jusqu’à une certaine intensité, on parle ici seulement de « temblor » et on n’y prête pas attention, mais des séismes plus forts, les « terremotos », provoquent des dégâts importants : par exemple celui du 16 décembre 1575, suivi d’un tsunami, a détruit les villes de Valdivia, Villarica et Castro.
Les ressources économiques :
Suivons le même chemin que les premiers colonisateurs du territoire, mais plus de 10.000 après eux.
Entrons dans le pays par le nord, et voyons de quoi il vit, de quoi vivent les Chiliens aujourd’hui.
Nous arrivons dans le Désert d’Atacama qui couvre plusieurs régions administratives.
A l’intérieur, où vont donc ces jeeps avec un grand drapeau rouge ? Vers les mines de cuivre : à la fois la première ressource nationale et leader mondial : 36% du marché mondial avec une production qui varie selon les années entre 5.600.000 et 5.800.000 tonnes.
Le lithium, très important pour nos batteries, représente 56% de la production mondiale avec 147.000 tonnes. Le molybdène arrive 2ème après la Chine avec 58.000 tonnes annuelles.
Viennent ensuite l’argent, l’or, le manganèse, le rhénium et le sélénium.
Sur la côte du Pacifique, c’est la pêche : les anchois, le chinchard et le maquereau représentent 46% et les mollusques, dont les moules 82%.
94% de la production annuelle, soit 1.716.692 tonnes sont exportés ainsi que 76% de la farine de poisson.
Et sur l’ensemble de ces régions le tourisme, notamment le tourisme « d’aventure » crée beaucoup d’activités. (Le Chili dans son ensemble est le leader mondial pour le tourisme d’aventure, cela représente le 4ème rang du PIB).
Tout au long du littoral Pacifique, les activités autour de la pêche et des coquillages se poursuivent.
Les algues, le cochayuyo, comprennent le huiro negro, le huiro palo, le sarazo et l’algue rouge « gracilaria chilensis ». La récolte, 1.800 tonnes chaque année dans tout le pays, en est de plus en plus lucrative, et compte tenu d’une demande croissante, cela devient une reconversion pour certains pêcheurs. Elles sont utilisées en industrie alimentaire, en cuisine sous forme de gélifiant naturel. (l’agar-agar)
Et nous atteignons la Région Centrale. A l’ouest de Santiago dans la Vallée de Casablanca, au sud dans la Vallée de Maipo, entre autres, on traverse de vastes vergers et de grands domaines viticoles.
Le Chili est le 4ème exportateur mondial de fruits et légumes frais. Par exemple, le raisin atteint une production de 2.000.000 de tonnes, la pomme 1.700.000 tonnes, le kiwi 230.000 tonnes, et il y a aussi pêches, prunes et noisettes.
Il est au 5ème rang mondial pour l’exportation de vins : carmenere, cabernet-sauvignon, chardonnay…
L’agriculture dans tout le pays emploie 13% de la population active.
Continuons plus au sud : dans la région de Bio Bio, il y a des usines de transformation de poisson : on exporte 1.716.692 tonnes de saumons, chinchards, truites et farines de poisson.
On entre aussi dans les zones de sylviculture : dans tout le pays, 2.302.356 hectares y sont consacrés, mais malheureusement ce sont souvent des plantations monospécifiques de pins et d’eucalyptus au détriment des feuillus et d’espèces protégées comme l’alerce.
La « Forêt Valdivienne est en recul, mais c’est la 2ème source d’exportation avec la cellulose, le bois scié et les copeaux.
En avançant vers la Région des Lacs et la Patagonie, les terres plus planes entre la Cordillère et l’ océan permettent la culture du blé (1.400.000 tonnes par an), du maïs (1.100.000 tonnes), de l’avoine , de légumes comme les haricots et les asperges.
Grâce au climat humide, c’est aussi une zone de pâturages : les vaches laitières (environ 620.000 têtes) , on élève aussi vaches à viande et volailles, et sur l’île de Chiloe déjà davantage de moutons.
Sur la côte, l’aquaculture de saumons , de coquillages et de crustacés et la récolte des algues prennent de plus en plus d’importance. A Puerto Montt, Aquasur est le plus grand salon de l’aquaculture de l’hémisphère sud.
Nous finissons par atteindre la Patagonie su Sud, le Détroit de Magellan et la Terre de Feu.
Ici les « estancias » sont immenses, quasiment seuls les moutons peuvent y trouver subsistance.
Le port de Punta Arenas a d’ailleurs connu ses débuts avec le transport de la laine. Actuellement partent aussi de grandes cargaisons de bois et produits dérivés venus aussi de la Terre de Feu ; c’est aussi l’escale de nombreuses croisières.
Quel voyage ! Et quelle variété !
Histoire contemporaine :
En 1891, un régime parlementaire triomphe sur le régime présidentiel. Pendant la Première Guerre Mondiale, le Chili connait une période de prospérité grâce à ses richesses minières.
Mais en 1925, l’armée rétablit le régime présidentiel.
De 1938 à 1952, l’entrée dans la vie politique des classes moyennes amène au pouvoir des gouvernements de front populaire et de centre gauche.
De 1964 à 1970, le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva succède au conservateur Jorge Alessandri.
En 1970, Salvador Allende remporte les élections présidentielles, mais ne dispose pas de la majorité parlementaire. Il gouverne par décrets, et entreprend réformes agraires, nationalisation d’entreprises et de sociétés, dont 9 banques sur 10 et les mines de cuivre.
Ses réformes sont rejetées par la Droite, sauf la nationalisation du cuivre approuvée le 15 juillet 1971. L’opposition est soutenue par les Etats Unis, l’administration Nixon exerce des pressions économiques, soutenant les grèves pour paralyser les transports.
Le 11 septembre 1973, un coup d’état dirigé par une junte militaire met en place le général Augusto Pinochet, « Chef suprême de la Nation ». Malheureusement cette période est marquée par la répression, la détention, la torture et l’exil.
En 1988, Augusto Pinochet, critiqué par ses alliés, organise un référendum pour légitimer sa position ; le NON l’emporte, mais il décide de rester à la tête de l’Etat jusqu’à la fin de son mandat en 1990.
Patricio Alwin, élu en 1989, lui succède, représentant de la Concertacion.
Le retour à la démocratie apporte des progrès notables avec ses présidents (ou présidente Michèle Bachelet) de tendances différentes, mais des problèmes persistent, notamment l’inégalité de la redistribution des richesses (est-ce-que ce n’est pas un phénomène mondial ?) et le bas niveau de l’éducation publique.
Et pendant tout ce temps la Terre continue aussi de trembler, par exemple en 1960, avec un séisme de magnitude estimée à 9,5 sur l’échelle de Richter, suivi d’un tsunami qui a inondé des terres et des villes côtières, et qui a réveillé plusieurs volcans.
A cette occasion a eu lieu le dernier sacrifice humain : une femme Mapuche a voulu apaiser les divinités en leur livrant son fils de 5 ans.
Impressionnant désert d´Atacama
Dès qu’on prend la route entre Calama et San Pedro de Atacama, on est frappé par cet univers minéral, par moments avec de vastes perspectives sur la Cordillère de Domeyko, la Cordillère de sel ou plus loin la Cordillère des Andes et sa ligne de volcans qui voisinent 6.000 mètres d’altitude : le Likancabur domine San Pedro et de chaque côté le Putana et le Laskar soufflent leurs fumerolles. Entre ces panoramas, des vallées, des cuvettes ou des failles profondes, et enfin le vaste Salar d’Atacama : nous entrons dans le désert le plus haut et le plus aride du monde. C’est aussi le plus ancien, sa formation remonte à 150 millions d’années. L’humidité n’est que de 2 ou 3%, et dans certains secteurs il n’a pas plu depuis 20.000 ans. Ces conditions en font le meilleur endroit au monde pour trouver des météorites.
En fait, il s’étend beaucoup plus au nord vers Arica et 800 km plus au sud autour de Copiapo.
On s’interroge aussi : où vont ces jeeps avec un grand drapeau rouge ?
-vers les mines de cuivre : le Chili est le premier avec plus de 30% de la production mondiale.
Dans la plus grande mine à ciel ouvert, Chuquicamata, creusée jusqu’à plus de 800 mètres, on extrait environ 180.000 tonnes par jour. D’autres mines sont souterraines avec des kilomètres de galeries.
Les autres richesses de la région sont les sels d’origine volcanique ou tellurique : le lithium (si utile pour nos batteries par exemple) à lui seul couvre les frais d’extraction du cuivre, le molybdène, le salpêtre (les nitrates) et aussi l’or et l’argent.

La deuxième ressource est le tourisme :
Des voyageurs venus de tous les continents sont attirés par les curiosités géographiques :
La Vallée de la Lune où on passe entre falaises et gorges étroites, puis face à des dunes spectaculaires, la Vallée Arcoiris (Arc en Ciel) dont les roches colorées ont justifié le nom, les gorges de Catarpe ou de Guatin, les lacs d’altitude aux couleurs étranges (Tuyajto, Aguas Calientes , Menique ou Miscanti…)et par les curiosités géologiques : le volcanisme et ses pénomènes comme les Geysers de Tatio.
Ils viennent aussi découvrir les marécages d’altitude (bofedales) de Putana ou de Tocorpuri avec leurs populations de flamants roses, de foulques, de mouettes andines, de chululos ; les vizcachas, les vigognes ou les nandous qui courent sur les pentes.
Grâce à la sécheresse extrème, à l’altitude élevée et l’ensoleillement exceptionnel, ils voient aussi les vastes champs de panneaux photovoltaïques (146 MW sont produits à la centrale EDF de Bolero), et peuvent accéder à des observatoires astronomiques : le Very large Telescope du Cerro Paranal, ou le télescope géant Européen ALMA.
La faible pollution lumineuse permet de participer à des soirées très intéressantes d’observation d’étoiles, de planètes ou de galaxies.
L’histoire peut aussi les intéresser.
A l’origine, plus au nord se sont installés les Aymaras et les Quechuas, sur la côte les Changos étaient des pêcheurs. Les Atacamènes, peuple d’agriculteurs ou éleveurs se sont sédentarisés dans la région arrosée par le Rio San Pedro. Leurs cultures en terrasses ont laissé des traces, leurs villages, relais commerciaux avec d’autres régions aussi, par exemple Tulor (entre 800 av.JC et 500 ap.JC).
D’autres étaient protégés par des murailles, comme Pukara de Quitor (daté du XIIe siècle).
Déjà des changements climatiques et le vent qui déplace les dunes ont fait abandonner ces oasis.Ils ont été occupés par les Incas avant l’arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle.

La province est devenue Chilienne après la Guerre du Pacifique (1879-1884). Aujourd’hui les Atacamènes sont environ 30.000 dans toute la région d’Antofagasta qui compte plus de 600.000 habitants.
On passe aujourd’hui dans des villages, des hameaux, où les Ayllus (communautés agricoles) récoltent les fruits du chanar, prunes sèches, les caroubes, du maïs. On voit du maraîchage irrigué et des élevages de camélidés (lamas) et de moutons dans des pâturages temporaires ou salés.
A San Pedro, on ne manquera pas le musée des météorites avant de s’intéresser à l’artisanat à la fois ancestral et contemporain : les bijoux de pierres, d’or ou d’argent, les laines, les tissus, les céramiques.

La mystérieuse Île de Pâques.
Nous arrivons sur cette petite île volcanique de 164 kilomètres carrés, 23 km dans sa plus grande dimension, à l’aéroport de Mataveri. Il n’est desservi que par 2 connexions : Santiago qui se trouve à 3759 km et Papeete à 4254 km.
Sa longue piste a été aménagée comme atterrissage d’urgence pour la Navette Spatiale des USA mais cela n’est jamais arrivé.
L’île habitée la plus proche, Pitcairn, est à plus de 2000 km.
Le peuplement humain de l’île de Pâques n’est pas déterminé avec précision, entre le Ve et le XIIIe siècle… la seule certitude, c’est qu’il s’est effectué par la mer depuis d’autres îles Polynésiennes.
Cette petite île, annexée par le Chili le 9 septembre 1888, pourrait nous servir d’exemple pour ce qui se passe actuellement à l’échelle de la planète : la déforestation massive et l’épuisement des ressources naturelles.
En effet différentes études et théories évoquent des forêts, en particulier d’une variété de palmiers, réduites presque à néant aujourd’hui : au fur et à mesure que la population a augmenté, le bois a été utilisé plus massivement pour construire des maisons, des pirogues, des ustensiles et pour se chauffer et cuisiner. Des analyses du sol ont aussi mis en évidence des traces de brûlis pour libérer des espaces à cultiver.
Que s’est-il réellement passé ? Cela fait partie des mystères de l’île…
De là, nous allons à Hanga Roa : la capitale qui compte plus de 7300 habitants située entre deux volcans éteints : le Rano Kau et le Maunga Terevaca.
Maunga Terevaca est le point culminant de l’île : une ascension à cheval y est possible pour profiter d’une vue à 360°.
Tout proche se trouve l’Ahu Tahai : une de ses plateformes supporte 5 statues plus ou moins tronquées.
Dans la ville, il ne faut pas manquer le Musée anthropologique Père Sébastien Englert (missionnaire d’origine Bavaroise) fondé en 1973 : il nous en apprend beaucoup sur l’organisation sociale, politique et culturelle, l’écriture antique et le premier roi Ariki Hotu Matua.
On peut aussi s’inscrire à une plongée sous-marine (même pour débutants) pour admirer les espèces dans les eaux claires de la côte.
Bien sûr, ce qui fait la réputation de Rapa Nui (le nom local), ce sont les moais, les figures emblématiques. Selon les sites, ils reflètent des techniques, des profils, des époques différentes où ils ont été érigés entre le XIIIe et le XVIIIe siècle.
Ils sont dressés sur les AHU, plateformes cérémonielles, tournés vers l’intérieur, vers le village qu’ils étaient censés protéger des dangers venus de l’océan. Une exception : l’Ahu Akivi où le village devait se trouver entre eux et la côte.
Leurs yeux sont en corail blanc, l’iris noir en obsidienne et la coiffe en tuf rouge de la carrière de Puna Pau : quelques-uns possèdent encore tous ces attributs.
Tout autour de l’île, on s’intéresse à leur histoire, à leurs formes, à leurs plateformes différentes et à leur état de conservation.
Sur l’Ahu Hanga Te’e, l’ Ahu Hanga Pokura les moais sont écroulés ou détruits.
L’Ahu Vinapu est une plateforme d’énormes pierres taillées ; un corps écroulé était prévu pour 2 têtes et le site a été utilisé postérieurement comme tombeau dont on voit l’entrée.
A Akahanga les colosses sont effondrés mais il y a les vestiges d’un village avec les fondations des « maisons-bateaux » qui ont devant elles un petit carré, comme une terrasse de pavés ronds et un foyer. On trouve là le tombeau du roi Hotu Matua.
A l’Ahu Huri, à l’intérieur de l’île, le moai est le seul à avoir 4 mains. Il est dit « l’Astronome » et servait d’observatoire solaire.
Sur la côte nord-ouest, dans la Baie « La Pérouse », un curieux cercle de pierres ouvert en alignement avec la constellation des Pléiades au solstice d’hiver, Pito Kura, est baptisé le Nombril du Monde.
Puis on accède à Ature Huki dressé seul sur son socle et à Nau Nau, bel ensemble qui domine la plage d’Anakena.
Gardons pour la fin la plus longue des structures, entre 100 et 200 mètres, l’Ahu Tongariki et ses 15 moais. Il fait référence aux vents d’est.
Il est proche du volcan Poike, lieu de la légende de la Grande Bataille entre les « longues oreilles » et les « courtes oreilles » au Xe siècle. En effet tous les moais à travers l’île n’ont pas les oreilles identiques !
Et il reste à découvrir le grand centre d’extraction de ces géants : les pentes du volcan Rano Raraku.
Les géants, disséminés vers le bas, avec l’exemplaire unique qui est agenouillé et ceux qui sont encore couchés et pas totalement détachés de la roche nous interpellent. Que s’est-il passé pour interrompre ainsi le « chantier » ? Ou bien est-ce un sanctuaire protégé de l’ancien culte avant le passage à un nouveau.
En effet, le culte change et ses formes artistiques aussi.
L’Homme-Oiseau est gravé sous forme de pétroglyphes sur les rochers du volcan Rano Kau. Celui qui méritait le titre devait aller à la nage sur l’ilot Moto Nui, y récupérer un œuf de la sterne obscure, le rapporter intact et gravir la falaise du volcan jusqu’au site d’Orongo.On trouve aussi sa représentation sous forme de peintures rupestres du XVIIIe siècle dans les grottes Ana Kai Tangata où entre autres on confiait les morts à l’océan.
Cette civilisation Rapa Nui a failli disparaître après l’arrivée progressive des Européens entre 1770 et 1786. C’est l’explorateur Hollandais Jacob Roggeveen qui s’était arrêté le premier le 5 avril 1722 (jour de Pâques).
Les nouvelles épidémies, l’esclavagisme, ont réduit la population de 3500/4000 à 110 âmes ! Aujourd’hui environ 50% des habitants de l’île sont leurs descendants. La langue est à nouveau enseignée à l’école, les traditions sont perpétuées lors de manifestations culturelles ou de compétitions sportives.

La région centrale.
Quand on arrive en avion dans la région centrale, avant d’atterrir à Santiago, on a d’abord une vue sur la Cordillère des Andes, avec l’imposant Mont Aconcagua. Il est en Argentine à 13 kilomètres de la frontière et culmine à 6961 mètres d’altitude : c’est la plus haute montagne en dehors de l’Asie.
Selon les conditions de vol, on peut aussi faire un détour près de la côte Pacifique et apercevoir Valparaiso.
Peu avant l’arrivée, on survole des vallées de cultures fruitières ou viticoles et quelques sites miniers : le cuivre toujours mais aussi l’or, le plomb, le gypse, le calcaire et la chaux. Et on s’approche de la capitale, avec ses grandes tours, ses collines, plus de 6 millions d’habitants. (9 millions dans la région et 19 millions pour tout le Chili)
Une fois au sol, visitons plus en détail.

Santiago
Commençons par la Place d’Armes dans le centre historique et la cathédrale de L’Assomption de La Très Sainte Vierge. Elle a été construite par Joaquin Toesca entre 1748 et 1880, de style néoclassique ; l’intérieur recèle de belles voutes de stuc peint.
Faisons un tour jusqu’au Palais de la Moneda, peut-être à l’heure de la relève de la garde ? Puis jusqu’à la Gare Centrale : elle a été construite d’abord par Gustave Eiffel, achevée en 1885 ; vite insuffisante pour la croissance du trafic, elle a été agrandie et remodelée par la société Schneider. La nouvelle halle avec ses poutres fabriquées à Chalon sur Saône a été achevée en 1897.
Ensuite, deux quartiers méritent de s’y attarder :
Le quartier Lastarria et le Parc Forestal : dans ce quartier touristique et gastronomique, on trouve le Musée National des Beaux -Arts et le Musée d’Art Contemporain riches en activités culturelles.
On peut avoir une vue générale depuis la Colline Santa Lucia : ancienne cheminée d’un volcan avec à son sommet le Castillo Hidalgo et différents monuments sur le parcours comme la fontaine du Patio Circular et la statue de Pedro de Valdivia.
Le quartier Bellavista : il est connu comme quartier « bohême » avec ses restaurants, ses boutiques, ses galeries d’art, ses bars et ses clubs.
Des artistes y vivent ou y ont vécu, comme Pablo Neruda.
De là, on peut gagner par le funiculaire la Colline San Cristobal. Au sommet, près du Sanctuaire de l’Immaculée Conception, on a une belle vue générale de Santiago et depuis 1920 on peut visiter un parc zoologique.

Le climat, la faune et la flore des alentours
C’est un climat méditerranéen et continental de par sa situation entre les Andes et la Cordillère côtière. Les hivers sont tempérés et pluvieux, les étés sont secs, chauds, voire caniculaires.
La nature y a développé des arbres sclérophylles (feuilles dures), par exemple les palmiers, les caroubiers, le lingüe et le coigüe. On peut apercevoir des renards, des pumas, des aigles et des cailles.
Eloignons nous un peu plus vers le sud.

La Vallée de Maipo
C’est un des plus anciens secteurs viticoles du Chili. On y produit principalement du Carmenere et du Cabernet-Sauvignon introduits par les premiers immigrants français au XIXe siècle.
Un peu plus loin à environ 150 kilomètres, nous arrivons dans la Vallée de Colchagua. C’est une vallée étroite qui va du pied des Andes jusqu’au Pacifique avec les villes de San Fernando et Santa Cruz. 910.000 hectares répartis sur 14 communes produisent du Cabernet-Sauvignon, du Merlot, du Carmenere et du Malbec.
Et tout près, depuis Rancagua, on peut visiter les week-ends le site minier El Teniente : bien sûr seulement une sorte de musée qui montre l’histoire et les conditions de vie des mineurs dans un village escarpé. La mine elle-même se compose de 2400 kilomètres de galeries souterraines : c’est la plus grande mine au monde.
Revenons vers l’ouest, une région de productions agricoles, d’élevage et de sylviculture. On y cultive du blé, du maïs, de l’avoine des légumes comme l’ail, l’oignon, les asperges ou les avocats.
Et avec les fruits on atteint des records : plus de 3 millions de tonnes exportées par an : 70% de fruits frais, en premier les cerises et les prunes ; en deuxième les myrtilles, les noix et l’avoine ; en troisième les raisins frais et les noisettes ; puis viennent les pêches , les pommes et les poires. 10% de fruits secs et 20% de jus, huiles, conserves et surgelés complètent ces exportations vers l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe.
Dirigeons nous vers le nord-ouest, pour traverser la Vallée de Casablanca.
Son climat rafraîchi par la proximité du Pacifique et le courant de Humboldt favorise le développement des raisins de cépage Chardonnay et Sauvignon blanc, mais aussi le Pinot noir très aromatique. 3600 hectares ont été plantés dans les années 80.

Valparaíso
Le plus important port pour les exportations de tous ces produits et des records historiques sont atteints avec les productions forestières, la pêche et les crustacés. Vus de près ou des hauteurs des collines, les cargos et les empilements de containers sont impressionnants.
Mais c’est aussi une ville de plus de 295.000 habitants très intéressante à parcourir.
42 collines, ou Cerros, se sont peuplées peu à peu quand le quartier du port a été saturé. On y accède par des ruelles escarpées, des escaliers ou des funiculaires.
Chacune porte sa marque architecturale et ses peintures murales. Evoquons en quelques- unes :
Le Cerro Alegre : initié par le marchand Anglais William Bateman, il a été remodelé après le tremblement de terre de 1906.
Le Cerro Concepcion voisin offre beaucoup de restaurants, auberges et galeries d’art. Le Paseo Atkinson est constitué de maisons de style victorien du XIXe siècle, et on peut visiter l’église Anglicane Saint Paul construite en 1858.
Le Cerro Bellavista offre des vues imprenables. On y trouve la Sebastiana, une des maisons de Pablo Neruda, aujourd’hui un musée. Le Musée à Ciel Ouvert est une collection de peintures murales réalisées par Matilde Perez, Roberto Matta, Nemesio Antunez.
Le Cerro Carcel où fut construite la prison de Valparaiso est devenu depuis 1999 un centre culturel composé d’un théâtre, d’une bibliothèque, de salles d’exposition, de boutiques et d’ateliers d’art.
Sortons un peu vers le nord, juste à proximité.

Viña del Mar
Ethymologiquement des vignes au bord de la mer.
Mais en 1855, les premiers tramways y arrivent et en 1878 c’est la fondation officielle d’une nouvelle ville.
En 1929, le Président Carlos Ibanez del Campo y fait construire un palais d’été.
Aujourd’hui c’est une cité balnéaire de 332.000 habitants environ.
En 1960, on y crée le Festival International de la Chanson, organisé tous les ans en février. Il a lieu maintenant dans l’amphithéâtre Quinta Vergara, construit en 1963 et rénové en 2002.
En 1962, le Stade Sausalito a accueilli la coupe du monde de football.
Sur l’Avenue Côtière, la Quinta Vergara, somptueux palais de style Vénitien construit en 1910 abrite le Musée et l’Ecole des Beaux -Arts.
Le parc des plantes tropicales a été créé par Dona Dolores Perez de Alvarez et surtout par son fils qui a rapporté de ses voyages des plantes d’Océanie et d’Extrême Orient.Tout près on voit aussi l’horloge fleurie.
Un autre endroit mérite d’être visité 45 kilomètres au sud de Valparaiso :
Isla Negra
La zone a été habitée dès la dernière glaciation, environ 11.000 A-C par des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs.
On trouve des vestiges d’une période agraire plus récente, des cultures Bato et Llolleo, puis au XVe siècle, c’est l’arrivée des Espagnols.
En 1937 Pablo Neruda s’y installe, trouve une résidence en 1938 qu’il fait modifier en 1943. Aujourd’hui cette maison est un musée où on trouve notamment une collection de figures de proue.
La localité a aussi reçu Violeta Parra, les architectes Marta Ibanez et Tito Lopez, les groupes de chanteurs Les Blops et Chancho de Piedra.
La région des Lacs
Entrer dans la région des Lacs par le nord, c’est accéder à la Patagonie Verte.
Un peu d’histoire
On parle beaucoup aujourd’hui de migrants… Mais depuis son apparition sur la Terre, l’homme n’a-t-il pas toujours été migrant ?
On suppose qu’en Amérique du Sud, il y avait peut-être déjà des habitants voici 40.000 ans ; ce dont on est sûr, c’est qu’après avoir traversé le Détroit de Béring, certains sont descendus jusque sur le territoire actuel du Chili il y a 10.000 ans : ce sont par exemple les Mapuche Huilliche ou les Chonos.
Au XVIe siècle, le 1er Novembre 1520,le navigateur Portugais Magellan, à l’initiative du roi d’Espagne Carlos I, est le premier Européen à y arriver.
Attiré par la légende de l’El Dorado, en 1535, Diego de Almagro commence la conquête du territoire, mais dans le sud, les Mapuche résistent et les conquistadors abandonnent les lieux ; jusqu’au XVIIIe siècle, ils restent seulement sur l’île de Chiloe.
Comme ils ont eu le temps de voir les atouts de cette zone pour l’agriculture, ils reviennentalors en utilisant l’accès par le sud des navires Britaniques.
En 1683, l’abolition de l’esclavage n’empêche pas la poursuite d’affrontements et une résistance acharnée des Mapuche… une des plus longues « guerres » de l’histoire de l’humanité.
Peu à peu, le Chili va réclamer son indépendance ; elle est proclamée le 18 septembre 1810, mais Bernardo O’ Higgins ne l’obtient réellement qu’en 1818.
A la deuxième moitié du XIXe, le gouvernement Chilien encourage l’installation de nouveaux colons : de nombreuses familles Allemandes arrivent alors.
Dans des conditions très difficiles, faisant face à une nature hostile, ces gens déboisent pour mettre en valeur des terres agricoles et construisent de nouvelles villes, par exemple Puerto Varas.
Un tremblement de terre le 22 mai 1960 (9,4 sur l’échelle de Richter) a été suivi d’un tsunami qui a inondé plusieurs villes côtières et réveillé plusieurs volcans.
Climat
C’est une région humide, avec le maximum des pluies entre juin et septembre, c’est-à-dire l’hiver, mais il ne fait jamais très froid.
Economie
L’agriculture, l’élevage tiennent une place importante, mais aussi la pêche et l’élevage du saumon (on en voit de nombreux sur les côtes du Pacifique).
Et la deuxième source de revenus est le tourisme.
Les attraits principaux
Ils mériteront une description plus détaillée au fil des programmes, mais voici un première « fresque » :
Qui dit Patagonie Verte dit Parcs Nationaux : les forêts primaires avec toutes sortes d’essences de chênes, les hêtres de l’Antarctique, les cèdres Chiliens, les alerces géants, les ulmos, les notros… dans les Parcs Puyehue, Vicente Perez Rosales, Pumalin, Alerce Andino…
Dans ces parcs il est possible aussi d’observer une faune fantastique : on peut avoir la chance de rencontrer le huemul (famille des cerfs), le pudu (le plus petit de cette famille), le renard gris, entre autres, et toutes sortes d’oiseaux, comme les flamants, les perroquets, le queltehue, l’ibis ou le chucao.
Dans ces parcs, on trouve aussi de nombreuses sources chaudes où il est très agréable de se relaxer.
Bien sûr il ne faut pas oublier les volcans autour desquels on peut faire de belles randonnées, ou même aller jusqu’au sommet :
Les plus célèbres, le volcan Osorno et le Chaitén.
Le patrimoine historique
Sur l’archipel de Chiloe, il est essentiellement constitué par les forts espagnols de Ahui et de Ancud, et surtout les églises classées au patrimoine de l’Unesco : la plus célèbre étant bien sûr celle de Castro.
A Castro il ne faut pas non plus oublier une visite aux « palafitos ».
La Patagonie du Nord
On pourrait dire « les Patagonies », car avec plus de 500 kilomètres entre le nord et le sud, les paysages changent selon les différences climatiques et les formes d’exploitation des terres.
La Región de Pucón
C’est une ville d’environ 25.000 habitants au bord du magnifique Lac Villarica et au pied du Volcan Villarica, en Araucanie.
On y sent l’influence des colons Européens, en majorité Allemands qui ont développé l’élevage et l’exploitation forestière puis le tourisme depuis 1930. C’est la station balnéaire lacustre la plus importante du Chili avec tout près des centres thermaux et une station de ski.
Autour, on peut visiter différents sites :
Le Parc National Huerquehue.
Les Ojos de Caburga avec leurs eaux turquoise et leurs cascades.
Le Santuario El Cani : conservatoire de la forêt tempérée Andine.
L’accès au Volcan Villarica permet d’apercevoir parfois des sangliers et des cerfs, mais surtout de visiter le Musée des volcans et la Caverne de lave.
Plus à l’est on entre vraiment dans le territoire Mapuche. D’abord dans le Parc Palguin et ses cascades, par exemple le Saut du Lion.
D’autres excursions sont possibles par la route internationale Monseigneur Francisco Valdez Subercaseaux :
A Currarehue : Dans ce village on peut visiter une fabrique artisanale de tissages.Plus loin, en gagnant de l’altitude, on traverse des forêts d’araucarias et de superbes panoramas vers les montagnes et les lacs avant d’arriver au Paso Mamuil Malal. Sous la silhouette du majestueux Volcan Lanin, c’est la frontière avec l’Argentine.
Si on le souhaite, une randonnée intéressante jusqu’au Lac Huenfica permet d’observer de nombreuses espèces végétales.
La région de Puerto Varas
Nous sommes dans la Région des Lacs. La population de la ville ne cesse d’augmenter et dépasse 45.000 habitants. « La Cité des Roses », au bord du 2ème plus grand lac du Chili, le Lac Llanquihue, a été fondée en 1854 par de colons venus majoritairement d’Allemagne. On remarque beaucoup d’influence architecturale et gastronomique. A la sortie de la ville le Musée Felmer raconte avec des photos et une exposition d’objets et de matériel les conditions difficiles de leur installation : des gens invités par l’état Chilien pour mettre en valeur des territoires jusqu’alors non utilisés.
Dans la ville le Musée Pablo Fierro offre aussi de belles collections d’objets et de photos sur l’histoire de la ville, entre autres les conséquences du séisme de 1960 : le plus fort de l’histoire avec 9,5 sur l’échelle de Richter. Il se trouve sur la rive du lac et on profite de belles vues sur le Volcan Osorno, le Volcan Calbuco et le Mont Tronador.
Nous sommes dans une région de cultures de céréales diverses et d’élevage essentiellement de bovins que nous traversons au cours des différentes excursions : la région est la 1ère productrice de produits laitiers et de viande. Mais la principale activité aujourd’hui est l’élevage de saumon, participant à la 2ème source d’exportation du Chili. Dans le Parc National Vicente Perez Rosales, nous disposons de plusieurs destinations et types d’activités :
Autour du Volcan Osorno une randonnée facile permet d’accéder au site « Las Cascadas ». Un peu plus loin on peut choisir une descente en tyrolienne de plus de 2 kilomètres en plusieurs étapes avec Canopi.
Nous pouvons monter jusqu’au Refuge Teski et au Cratère Rouge.
Depuis La Picada, une belle randonnée permet de le contourner par le Paso Desolacion et de redescendre jusqu’au Lac Todos los Santos avec un retour en bateau jusqu’à Petrohue.Là, il y a d’autres propositions :
Une possibilité de rafting sur le Rio Petrohue.
Un peu plus bas, la visite des Cascades de Petrohue.
Depuis Ralun, une randonnée conduit jusqu’au Lac Cayutue.
Au bord du lac Llanquihue, à une vingtaine de kilomètres, se trouve Frutillar : la ville a été classée par l’Unesco « Ville créative de la musique » grâce au Théâtre du Lac qui offre des spectacles de 1er niveau international, qui abrite des écoles et travaille avec d’autres dans la région. On peut aussi y déguster des bières artisanales.
Puerto Montt, la grande ville proche qui doit compter maintenant 250.000 habitants, reçoit les avions de grandes lignes à l’aéroport de Tepual et des plus petits à La Paloma.
Sur le trajet on peut visiter le monument naturel Lahuen Nadi pour une approche sur les arbres natifs. Au bord de la côte du Pacifique, dans le Marché Angelmo, une centaine de boutiques offrent l’artisanat local, les produits de la mer, les charcuteries, les fromages et des produits de la terre comme l’ail et la rhubarbe, sans oublier plusieurs restaurants.
Un peu plus vers le sud on peut consacrer une demi-journée au Parc Alerce Andino : belle immersion dans une forêt native avec des alerces ou des ulmos plusieurs fois centenaires, voire millénaires, des coigües (nothofagus), des canelos, des lauriers ou des arrayanes. De là on peut aussi aller jusqu’au Lac Chapo avec sa « forêt » de troncs figés par une ancienne éruption du Volcan Calbuco : les « tocones ».
Si on veut aller plus loin en traversant l’estuaire de Reloncavi on rejoint Cochamo. Sur le trajet on passe près du Volcan Yates, on peut s’arrêter au mirador des volcans et près du village de Puelo profiter des Thermes du Soleil.
La région de Chaiten
Plus loin vers le sud et en prenant le ferry à Hornopiren on accède après une traversée de 5 heures à Caleta Gonzalo.
Juste à côté le Sentier des Alerces permet aussi une plongée dans la forêt primaire et de voir comment elle se renouvelle.
Si on continue la route on s’arrête au pied du Volcan Chaiten : une randonnée d’une difficulté très moyenne avec un dénivelé de 600 mètres mène jusqu’au cratère et on voit comment la nature reprend possession des pentes depuis la dernière éruption en 2008. Avant d’arriver à la ville, la plage Santa Barbara offre de belles vues vers le volcan Corcovado. On peut aussi voir différents oiseaux marins.
Encore plus au sud on longe le Lac Yelcho. Un peu à l’écart une randonnée intéressante permet d’observer la forêt, les plantes et les fleurs du sous-bois, les champignons, les rhubarbes géantes avant d’arriver au mirador du Ventisquero Yelcho : un glacier divisé en deux « langues ».
Autre excursion proposée, selon la durée du séjour dans la région :
Encore un peu plus loin, on arrive à Villa Santa Lucia. Ce village a été frappé le 16 décembre 2017 par l’écoulement d’alluvions provoqué par d’intenses précipitations et l’effondrement d’un glacier. Le Musée de Sitio « La Casa Bandera » retrace cette catastrophe.
L’archipel de Chiloé
Il est intéressant et riche par le milieu naturel, le patrimoine architectural, l’histoire et l’agriculture.
Dans le passé les Chilotes ont contribué à l’installation des colons dans la région des Lacs par la main-d’œuvre, en montrant comment utiliser les attelages de bœufs, en fournissant des plants : par exemple les nombreuses variétés de pommes de terre existant sur l’île.
Aujourd’hui agriculture et élevage sont toujours présents.
Que peut-on visiter à Chiloe :
Le Musée d’Ancud qui retrace tout ce passé.
Près de là vers le nord, le Fort Ahui est un des derniers bastions de la résistance Espagnole lors de l’indépendance du Chili.
Dans le même secteur des navigations sont proposées aux îlots de Punihuil pour observer les pingouins et d’autres animaux marins.
Si nous continuons le parcours nous traversons l’Île Grande pour arriver à Dalcahue : joli petit port de pêche assez animé. C’est le point de départ de plusieurs destinations :
L’île de Quinchao avec les villages Curaco de Velez et Achao.
La péninsule de Rilan.
Dans ces lieux, en plus des paysages, notamment vers l’imposant Volcan Michinmahuida sur le continent, c’est une suite d’églises de bois toutes classées au patrimoine mondial de l’Unesco.
Bien sûr la ville principale, Castro, mérite sa visite avec sa suite de maisons colorées sur pilotis, les « palafitos », et sans doute l’église la plus remarquable à l’intérieur de bois blond.
Si on veut aller plus au sud on arrive à Chonchi pour accéder à l’île de Lemuy, puis soit au parc naturel de Cucao, soit à celui de Tepehueico.
On peut aller à Queilen pour une intéressante navigation : tout y est expliqué après un bon déjeuner sur l’histoire des îlots, les paysages et d’avril à juin on peut observer des baleines et d’octobre à mars des pingouins, d’autres oiseaux et des dauphins.
Pour regagner le continent en remontant la route côtière depuis Dalcahue, on peut s’arrêter aux cascades de Tocoihue.
De la Patagonie du Sud à l’Antarctique.
Tout au bout du continent, de l’autre côté du Champ Glaciaire Sud qui couvre 16.800 km2 avec ses 49 glaciers, la Patagonie du Sud offre deux visages différents.
Dans les environs de Puerto Natales
La forme plus « continentale ». Cette petite ville d’environ 20.000 habitants est au bord du Fjord de la Dernière Espérance. Les premiers explorateurs ont eu en effet bien du mal à sortir du labyrinthe autour du Détroit de Magellan.
Depuis là, plusieurs explorations d’une nature puissante qui nous ramène à l’humilité sont possibles.
– Une navigation d’une journée permet de longer le Glacier Balmaceda puis de faire une escale pour traverser d’abord à pied une réserve boisée de lengas (hêtres), de canneliers, de coigües (nothofagus) entre autres, d’observer dans le sous-bois une flore très variée et d’arriver à la lagune où débouche le Glacier Serrano.
– Une autre excursion conduit jusqu’au Lac Grey (ses eaux sont grises) et d’approcher en bateau le Glacier Grey.
– On peut se diriger, éventuellement avec des options randonnée à cheval, vers d’autres lacs de la région : le Lac Sofia, les lacs Pehoe, Nordenskjöld, Sarmiento aux eaux de couleurs différentes. Plusieurs miradors offrent de beaux points de vue, et par exemple à celui du Condor, on aura peut-être la chance de voir cet oiseau au vol majestueux.
– Dans le Parc National Massif de Paine, intéressant pour sa forme géographique, la flore et la faune, une randonnée de 2 heures amène au pied de « Cornes ». on y admire le Lac Bleu et le Lac Toro, le plus grand de tous.Sur le chemin à travers une pampa sauvage on rencontre des nandous, des guanacos…
– Dans la Sierra Baguales, il est intéressant de visiter, ou d’y séjourner si on le souhaite, l’Estancia Las Cumbres : un aperçu du monde agricole local, essentiellement consacré à l’élevage des moutons.
– Passionnés de préhistoire, ne manquez pas la Grotte du Milodon : un mammifère herbivore qui s’est éteint au Pléistocène.
Depuis Punta Arenas
à la fois l’approche historique et la forme plus « marine ».
C’est une ville de plus de 130.000 habitants officiellement fondée en 1848.
Surprise ! C’est 60 km plus au sud qu’on trouve un monument qui marque le centre géographique du Chili : il tient compte du territoire Chilien en Antarctique.
Au début la prospérité de la ville s’est développée avec le commerce de la laine ; maintenant l’activité portuaire domine, toujours avec la laine, mais il s’y est ajouté les conserves, la pêche, le bois et ses produits dérivés, et bien sûr le tourisme et les croisières.
Commençons par les visites relatives à l’histoire :
– Il s’agit des ruines de la ville Roi Don Felipe et du Port de la Faim.
En effet à cause des conditions climatiques très dures et du manque de nourriture de nombreux colons y moururent.
– Le Fort Bulnes a été reconstruit en 1843 sur les fondements restants de l’ancien. On y remarque les murailles constituées de troncs, remplies d’un enchevêtrement de racines et de terre compactée qui permettaient de lutter contre le froid et l’humidité. Il y reste des batteries de canons et la prison se visite.
– Au Musée du Détroit on découvre cette histoire : le Président Manuel Bulnes voulait contrôler le détroit mais à cause des conditions sur cette terre inhospitalière le site a été abandonné au bout de 6 ans pour s’installer à l’emplacement de Punta Arenas.
Puis voyons le milieu « marin » :
Embarquons pour une navigation dans le Parc Marin Francisco Coloane.
Nous verrons des oiseaux : les cormorans, les pétrels, les albatros, les pingouins de Darwin. Nous serons émerveillés par la « danse » des baleines à bosse, éventuellement le passage de dauphins et par la « sieste » apparente des lions de mer sur les rochers.
Sur l’Île Carlos III, sanctuaire naturel des fjords, peut-être verrons-nous des condors en parcourant le chemin dans la forêt native.
Et nous irons jusqu’à la baie du Glacier Fernandoz : peut-être entendrons nous les grondements qui accompagnent l’effondrement des blocs de glace ?
La Terre de Feu.
A Punta Arenas, un ferry assure la liaison avec Porvenir : le gros bourg de 6.000 habitants environ sur l’archipel. On y voit un monument à la mémoire d’une communauté de colons Croates.
De là, nous nous enfonçons dans un territoire impressionnant : maintenant les navigateurs ne voient plus les feux (qui auraient été à l’origine de ce nom) allumés par les Selknam.
Nous traversons d’immenses zones d’élevage de moutons, mais la densité de population est de moins d’un habitant par km².
On passe à côté d’une ancienne drague laissée par des chercheurs d’or.
Et on rencontre des troupes de guanacos et des vols d’ibis, des cerfs et des renards.
Dans des rivières ou des lacs on voit aussi des castors et leurs constructions. Ils ont été introduits du Canada avec l’espoir d’utiliser leur fourrure mais les conditions climatiques ne leur conviennent pas et elle n’est pas commercialisable. Ainsi ils sont devenus une espèce invasive et nocive pour l’environnement.
On passe aussi près d’un grand centre de l’industrie forestière : la Scierie Russfin qui est le dernier point pour se procurer du carburant !
– Une étape est possible près de l’Hosteria Las Lengas (la lenga : hêtre de la Terre de Feu). En se promenant autour du Lac Blanc, sous les arbres penchés et à la forme dissymétrique à cause des grands vents, avec des guirlandes de lichens dans leurs branches, on observe des fleurs et des orchidées (campanilles, lupins, palomita-codonorchis…)
– Si on va plus loin, on traverse des vallées de tourbières et des belvédères donnent des vues sur la Cordillère de Darwin et ses glaciers. On longe le Lac Deseado.
– Plus loin encore, près du Lac Fagnano partagé avec l’Argentine au nord d’Ushuaia, on peut trouver un logement dans des bungalows. Et par une piste encore inachevée on accède à Yendegaia et à la Baie d’Almirantzano.
– La visite la plus proche de Porvenir, sur la côte de la Bahia Inutil, est le Parc Pinguino Rey : un centre pédagogique sur les oiseaux du secteur et des postes d’observation pour admirer les colonies de pingouins-rois, plus petits mais aussi colorés que les célèbres manchots-empereurs.
Le Cap Horn
Qui ne rêve pas de « doubler » le Cap Horn, comme on dit dans le monde de la voile ? Cet îlot rocheux qui surplombe l’océan de 425 mètres est une réserve mondiale de la biosphère. Le premier navigateur à y être passé est Willem Schouten en 1616. Il lui a donné le nom de sa ville natale en Hollande. Actuellement des croisières y conduisent mais le débarquement est aléatoire en fonction des conditions climatiques.
L’Antarctique
Cet immense continent de 13 millions de km², recouvert d’une couche de glace atteint une altitude de 2.000 mètres en son centre. Il est divisé entre plusieurs états qui y ont établi des bases scientifiques. C’est la plus grande réserve d’eau douce de la planète.
La flore s’y limite à quelques mousses et lichens.
La faune y est plus riche pendant l’été : des baleines, des dauphins, des orques, des phoques, et des manchots, des albatros, des cormorans, des pétrels qui repartent vers le nord et des eaux moins froides à l’automne.
Le Chili y a 5 bases permanentes et 10 saisonnières.
On peut s’en approcher au cours de croisières qui débarquent sur la péninsule la plus au nord.
Depuis Punta Arenas, des avions viennent pour une journée sur l’Île du Roi George à Villa Las Estrellas : on y voit l’habitat adapté à ce climat et entre autres une église Russe !



